Une révolutions des esprits

Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Par Jonathan Israel

https://agone.org/bancdessais/unerevolutiondesesprits/

" Depuis quinze ans, les travaux de Jonathan Israel bousculent les idées dominantes sur les Lumières. Il en réordonne les cadres spatio-temporels : résolument internationales, ses Lumières commencent en 1650 en Hollande, puis s’étendent à toute l’Europe et à l’Amérique pour devenir mondiales vers 1770. Plaçant au cœur de l’histoire des idées la reconstitution des controverses, il fait apparaître les stratégies intellectuelles, les alliances, les divorces et leurs enjeux. Il redonne ainsi une nouvelle jeunesse à l’idée que les révolutions politiques de la fin du XVIIIe siècle n’ont pu avoir lieu que parce qu’elles ont été précédées par une « révolution de l’esprit » opérée par des philosophes.
Ce livre est issu d’un cycle de conférences (2008) dans lesquelles l’auteur, se tournant vers un large public, a condensé l’essentiel de ses idées."

revolution des esprits

“1770. Depuis un siècle, deux camps s’affrontent au sein des Lumières. Héritiers de Locke, Leibniz, Montesquieu, les modérés dominent. Sous la houlette du vieux Voltaire, ils s’efforcent de maintenir le corps et l’âme séparés, de concilier raison et religion, de réformer la société en préservant l’aristocratie et la monarchie, et de réserver les lumières aux élites dirigeantes. Face à eux, les radicaux, héritiers de Bayle et Spinoza, n’ont pas de meilleure arme que leurs livres clandestins, massivement diffusés dans toute l’Europe. Sous l’impulsion de Diderot et de d’Holbach, ils placent l’homme au sein d’une nature sans transcendance, opposent la raison à toute autorité religieuse, combattent pour l’abolition des privilèges, pour l’égalité des peuples et des sexes, et inclinent vers une démocratie représentative.

1770 : les radicaux prennent le dessus. S’opère alors, en deux décennies, une révolution des esprits qui va rendre possible dès 1789 la révolution en acte. Ce livre offre un panorama clair et vivant des affrontements entre radicaux et modérés sur la plupart des grandes questions philosophiques, morales, économiques, politiques en ce moment charnière.”

Les lumières radicales de Jonathan Israel

Un gros volume de plus de 900 pages à 37€ paru en français en 2005.

Je l'ai emprunté à la médiathèque de Nantes mais il n'est pas accessible directement sur les rayons. Il faut le demander et donc déjà connaître son existence.

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C'est certain que leur rayonnage n'est pas extensible à l'infini mais la thèse de cet auteur enrichit notre connaissance de cette période fondatrice de notre vision actuelle du monde. Il faut faire des choix. Ça demande du temps et du personnel. Et puis les directives municipales actuelles d'achat des bibliothèques de Nantes est l’acquisition de livres de grande diffusion, alors la philo ...

Devant la somme d'informations, citations, auteurs c'est un volume à consulter, feuilleter et y revenir régulièrement. On peut le lire intégralement mais si l'on est pas familier de cette période il est nécessaire de pouvoir s'y replonger.

J'ai quitté cette tendance du lecteur besogneux qui doit lire de la première page à la dernière sans se prendre pour un inculte. L'école ne m'a pas appris à feuilleter, abandonner et revenir sur des ouvrages. Je ne sais pas si les méthodes ont évolué mais j'ai connu, il y a peu, une professeur de français en collège qui n'achetait pas le journal Le Monde considérant qu'il y en avait trop à lire. Un journal se lit mais aussi se feuillette, se déchire, se range, se classe ...

Il y a toujours un coté sacré de la lecture qui ne serait autorisée qu'à une partie de la population, les initiés. Et il y a les autres.

A part des lectures de quelques passages je me suis limité à celle de l'introduction, de la conclusion et, par accointance, au chapitre sur le système de Spinoza.

Une masse d'informations qui nécessite des relectures. Je trouve que l'auteur aurait pu indiquer la crise intellectuelle dans toutes les couches de la population provoquée par le passage par exemple du géocentrisme à l’héliocentrisme. Et c'est dommage de limiter l'épilogue à Rousseau car Spinoza n'est toujours pas digéré par une partie des diffuseurs du savoir philosophique. Mais c'est sur, la place était limitée.

J'en déduis que les Lumières préférées par nos édiles sont celles qui respectent l'ordre établi favorable à certains pouvoirs et qu'il y a des Lumières plus radicales qui, entre autre, ont entrainé pendant la révolution française vers des changements plus profonds.

Voici une analyse qui en est une approche : http://wodka.over-blog.com/article-2480149.html

Alors à consulter, lire et relire.

Août 2017.