Refus de voir, d'entendre les révoltes, pour effacer de la mémoire collective le profit par le servage et refuser une égalité, avec l'autre quelque soit sa culture.
Mépris caché dans la condescendance !

Une justification ou un certain fatalisme est de dire que les esclaves étaient fournis par des africains. Les noirs rendaient esclaves les noirs. La situation est tout autre si l'on dit qu'un homme asservit un homme pour le vendre à un autre homme. De plus les exploiteurs des colonies se prétendant les plus intelligents ils devaient donc par exemplarité refuser l'esclavagisme. Je ne vois donc dans tout ça que des comportements mafieux.

Révoltes décrites dans plus jamais esclave ! d'Aline Helg

De l’insoumission à la révolte, le grand récit d’une émancipation (1492-1838)

4e de couverture : «Longtemps, l’émancipation des esclaves fut considérée comme l’œuvre des abolitionnistes, libéraux et blancs. Dans cet ouvrage, qui fait pour la première fois le grand récit des insoumissions et des rébellions d’esclaves dans l’ensemble des Amériques et sur plus de trois siècles, Aline Helg déboulonne cette version de l’histoire. En s’appuyant sur une très riche historiographie fondée sur des sources états-uniennes, latino-américaines, antillaises, britanniques, françaises et néerlandaises, elle montre que, bien avant la naissance des mouvements abolitionnistes, une partie des millions d’esclaves arrachés à l’Afrique par la traite négrière et de leurs descendants était parvenue à se libérer, le plus souvent en exploitant les failles du système, à l’échelle locale ou globale. Cette étude pionnière par son ampleur dans le temps et l’espace met en lumière le rôle continu des esclaves eux-mêmes dans un long processus de lutte contre l’esclavage sur tout le continent américain et dans les Caraïbes, du début du XVIe siècle à l’ère des révolutions. Elle dévoile les stratégies qu’ils ont élaborées pour renverser subrepticement – et parfois violemment – un rapport de forces qui, dans son écrasant déséquilibre, ne leur laissait a priori rien espérer. Sans magnifier le rôle des esclaves ni occulter les limites de leurs actions, ce grand récit montre que l’esclavagisme déshumanisant n’est pas parvenu à empêcher que des hommes, des femmes et des enfants accèdent, par leurs propres moyens, à la liberté.»

Où on y parle aussi :

- des méthodes raffinées de torture et mises à mort traditionnelles de l'ancien régime. Pour le rendement et la rentabilité de l'industrie des cultures de denrées tropicales les esclaves étaient 6 fois plus nombreux que les européens. La peur et la nécessité pour ces derniers de maintenir la crainte les ont entrainé vers cruautés et terreurs.
- de la guerre de Sept Ans au 18e siècle où la terrible engeance se redistribue les colonies d'Amérique et redécoupent les frontières en Europe faisant un million de morts.
En servant dans les armées certains esclaves ont pu espérer leur affranchissement.
- page 369 des quilombos, terres collectives au Brésil, des palenques en Colombie où s'étaient réfugiés des esclaves "marrons", reconnus 400 ans après, mais comme tout Commun (ou bien commun), sont menacés par l'état, ses lois et son armée.

« Palenque », qui se traduit généralement par « ville emmurée », était appliqué à des centaines de communautés lointaines créées par les esclaves fugitifs pendant le 17e siècle à cause des murs circulaires construits avec de grands bâtons qui visaient à protéger les villageois des Espagnols.

Et dans le Monde des Livres par Marc-Olivier Bherer :